LES NEUF COMPOSANTS DE L’HOMME

LES NEUF COMPOSANTS DE L’HOMME

 

Nous existons sur différents niveaux à la fois, du plus physique au plus spirituel. En un certain sens, il n’y a en effet pas de différence entre le physique et le spirituel, mais seulement une palette de nuances entre les deux extrémités du spectre.

On estime qu’à la naissance, un être humain possède un corps physique (Khat) et un double immatériel (Ka), qui vit dans le corps et est étroitement associé au Ba, qui habite dans le cœur et est connecté avec l’ombre du corps physique. Quelque part dans le corps vit le Khu ou l’âme spirituelle, dont la nature est immuable, incorruptible et immortelle.

Tous ces composants sont cependant liés inséparablement entre eux et le bien-être de chacun influence celui de tous ; et d’aussi loin que remontent les Textes funéraires d’Ounas (connus sous le titre de Textes des pyramides), ils sont soudés les uns aux autres. Chacun possède ses propres caractéristiques et pouvoirs, mais il existe des liens bilatéraux et trilatéraux entre chaque composant.

Dans la cosmologie égyptienne, l’homme dans son intégralité comprend neuf composants comme suit:

1. Une force vitale appelée Sekhem
2. Un nom [secret] appelé Ren
3. Une âme spirituelle appelée Khu
4. Une ombre appelée Khaibit
5. Une âme-cœur [corps éthéré] appelée Ba
6. Un double/une image appelée Ka
7. Un cœur [conscience] appelé Ab
8. Un corps spirituel appelé Sahu
9. Un corps naturel appelé Khat

1. Sekhem

Sekhem représente la puissance vitale.

Rê est appelé le Grand Sekhem.

Sekhem est mentionné de concert avec Ba et Khu.

Le Sekhem est lié au [associé au] Khu.

2. Ren

Les Égyptiens considéraient que Ren, nom [secret] d’un homme, existait dans le ciel et les Textes d’Ounas (des pyramides) nous parlent de

    son nom, il vit avec son Ka.

3. L’âme spirituelle (Khu)

Le khu est un élément spirituel supérieur, un composant brillant et lumineux. Les khus sont également des êtres célestes vivant avec les neteru (dieux, déesses). Chaque Khu peut être comparé à un ange gardien.

Le Khu est mentionné en lien avec le Ba et le Khaibit (l’âme et l’ombre), ainsi qu’avec le Ba et le Ka (l’âme et le double), mais il s’agit clairement d’un composant différent du Ka, du Ba et du Khaibit, bien qu’il ait possédé, à certains égards, des caractéristiques semblables à ces entités immatérielles de l’homme.

4. Khai-bit

Khaibit est l’ombre ou la nuance qui intercepte la lumière. Cette entité a vraisemblablement servi à focaliser ou unir les Kas inférieurs avec tous leurs appétits et désirs charnels. Le Khaibit correspond à notre notion de fantôme, présent d’ordinaire dans les cimetières.

Les Égyptiens baladis pensent que chaque personne possède une ombre, une entité séparée, qui le suit dans la vie, dans la mort et qui l’accompagne dans sa tombe.

Il est intéressant de remarquer que le terme égyptien «Khai» signifie compagnon/frère.

5. Ba, l’âme-cœur (corps éthéré)

Tandis que le troisième composant est le khu ou l’âme spirituelle, le cinquième composant représente ici l’âme-cœur.

Plus loin, nous traiterons du cœur Ab [Ba épelé à l’envers] en septième composant.

Il est important de toujours se rappeler que le terme cœur ne signifie pas l’organe physique humain, mais la conscience.

En conséquence, Ba en tant qu’âme-cœur représente la totalité des forces vitales de l’homme, qui incluent aussi bien les capacités physiques que psychiques. Le Ba est ainsi dépeint comme un oiseau à tête d’homme.

L’oiseau Bénou représente la totalité du concept de Ba dans l’univers.

Dans le cycle de création qui reflète le rôle de la dualité entre Ra et Osiris/Aus-Ra, l’oiseau Bénou est mentionné comme le Ba de Ra et le Ba d’Osiris/Aus-Ra, c’est-à-dire le BA global.

En synthèse, le Ba représente:

– la manifestation externe
– l’incarnation de pouvoir/de la force vitale

La manifestation du pouvoir ou le pouvoir manifesté ne peut exister indépendamment (du corps). En conséquence, le Ba humain doit garder le contact avec le corps.

6. Le Ka ou le double (corps astral)

Ka est le pouvoir qui fixe et rend personnel le BA, l’esprit animé.

Ka est l’ensemble de pouvoirs magnétiques ou d’attraction formant ce que nous appelons aujourd’hui la personnalité: le sens aigu du «je» qui habite le corps mais qui n’est pas le corps («Je» peut être présent même lorsque le sens du corps est entièrement perdu ou complètement paralysé ou dans certains types d’anesthésie).

Le Ka est complexe.

1. Il y a le Ka animal qui s’occupe des désirs du corps;

2. le Ka divin qui répond à l’appel de l’esprit; et

3. le Ka intermédiaire, qui fournit l’élan aux personnes en passe de gagner progressivement le contrôle du Ka animal et de le placer au service du Ka divin.

Le concept de Ka réside sur la conviction que la vie consciente et active n’est pas la fonction du corps, mais découle d’une puissance supérieure qui active le corps et représente donc le véritable vecteur de la vie. Le pouvoir vital est le Ka. Il ne peut y avoir de vie consciente sans le Ka. Elle existe uniquement au moyen de ses effets.

À la naissance du corps, une individualité abstraite vient également au monde, une existence spirituelle totalement indépendante et séparée du corps physique, mais qui habite dans le corps, dont elle dirige, guide et surveille les actions. Une individualité qui vit dans le corps jusqu’à la mort de ce dernier. Tout enfant en bonne santé naît avec un être spirituel, et lorsque les Égyptiens le dessinaient, ils le faisaient toujours ressembler au corps auquel il appartenait; autrement dit, ils le considéraient comme son «DOUBLE». Son nom en égyptien était Ka.

Ka est le double/l’image de son Ba.

7. Le cœur (Ab)

L’Ab est le cœur, qui correspond à la conscience. (Ba, l’âme-cœur, à l’envers)

Horus est appelé «l’habitant des cœurs», le «seigneur des cœurs» ou le «meurtrier du cœur».

8. Sahu

Sahu est défini comme le corps spirituel, le corps métaphysique.

Les anciens Égyptiens n’ont jamais pensé que le corps physique monterait de nouveau dans les cieux; au contraire, nous pouvons lire clairement dans les textes «l’âme est au ciel, le corps est dans la terre». Les Égyptiens croyaient qu’une sorte de corps s’élevait du défunt et continuait son existence dans l’Autre Monde.

Le corps spirituel était capable de s’élever du corps physique grâce à des cérémonies et des rites accomplis sur le corps physique.

Le jour de l’enterrement, des prières et rituels appropriés donnaient au corps physique le pouvoir de se transformer en Sahu, un corps métaphysique (spirituel).

Corps spirituel = pérenne et incorruptible

Les textes égyptiens de l’Antiquité déclarent :

Je pousse comme les plantes
Ma chair s’épanouit

Le corps qui devient un Sahu a le pouvoir de s’associer avec l’âme et de tenir une conversation avec elle. Il peut monter habiter avec les neteru (dieux, déesses), dans leur Sahus.

Le Sahu présenté comme une momie reposant sur une bière indique un corps spirituel pérenne et incorruptible.

Le mot «sahu» signifie «libre», «noble», «chef» et est ici utilisé comme le nom d’un corps qui a obtenu, par le biais des cérémonies religieuses dont il a été l’objet, la liberté du corps matériel; son pouvoir est devenu incorruptible et éternel.

Ceci explique la grande importance accordée aux cérémonies et aux offrandes funéraires, qui permettaient à un corps spirituel de s’élever du corps physique et donc au Ka de continuer son existence après la mort du corps auquel il appartenait.

Grâce au pouvoir des prières et des rituels, le corps peut se transformer en Sahu, à l’image des deux sœurs [Isis et Néphtys] réveillant (Sahu) Osiris.

Si le corps physique constituait la demeure du Ka et de l’âme, le corps spirituel abritait cette dernière, puisque les textes disent clairement que «les âmes entrent dans leur Sahu». Le corps spirituel avait le pouvoir de voyager en tout lieu, dans les cieux comme sur la terre.

9. Khat

Khat est défini comme le corps physique/naturel corruptible.

Khat, qui signifie corruptible, est l’envers de Akh (lumineux, incorruptible).

Khat est voué à la décomposition, mais il peut également faire référence à un corps momifié.

Les neuf composants sont présentés en ordre décroissant depuis leur origine divine

De la terre vers les cieux en passant par chaque niveau, le processus consiste à retirer ces différentes «gaines» et à passer par les différents royaumes jusqu’au point le plus haut que l’âme est en mesure d’atteindre, avant qu’elle redescende dans la renaissance.

 

[Un extrait de Cosmologie Égyptienne, L’Univers Animé, Troisième Édition de Moustafa Gadalla]

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